Sélectionner une page


Le mannequin anne, un précurseur dans la formation au secourisme

Les professionnels dans le secteur du secourisme savent très bien que toute la formation repose sur la pratique ; apprendre les gestes qui sauvent, les mémoriser et les appliquer dans les « règles de l’art » est essentiel. C’est grâce à la pratique que le mécanisme se met en place. Cependant, il ne faut pas oublier que chaque cas est unique et, c’est pourquoi, le sauveteur doit être en mesure de s’adapter à chaque situation. Ce sont les moniteurs compétents qui leur apprendront les bases et les aléas du métier.

Pour maîtriser ces gestes, le mannequin de secourisme est un instrument incontournable : il permet de s’exercer aux techniques du secourisme, en toute sécurité.

Le mannequin anne, fabriqué par la société Laerdal, est un précurseur en la matière et n’a pas cessé de s’améliorer au fil du temps ; les nombreux modèles sortis des usines le démontrent largement.

L’histoire du mannequin anne

A ses débuts, en 1940, la société Laerdal, conceptrice du mannequin anne, était une maison d’édition réputée pour ses cartes de vœux (très en vogue à l’époque) et ses livres pour enfants. Ensuite, remarquant que le filon était porteur, elle a pu élargir ses activités en fabriquant des jouets en bois puis en plastique.

C’est ce dernier qui deviendra la matière-phare de la société quand elle se spécialisera dans la conception de poupées extrêmement réalistes. Cette qualité n’a pas échappé à la Défense Civile norvégienne qui les utilisa en tant que faux blessés. L’expérience, accompagnée de la maîtrise ainsi que le besoin de diversification ont contribué à faire prendre un nouveau tournant à la vie de la firme. De son côté, la Croix Rouge va l’orienter vers une nouvelle direction : le masque de réanimation.

C’est un fait divers, devenu populaire dans toute l’Europe, qui inspira Asmund S. Laerdal, propriétaire de la société. Vers le début du XX ème siècle, le corps d’une jeune femme fut repêché du fleuve français, la Seine. Contre toute attente, la victime ne laissait apparaître des marques d’agression ; curieusement, le visage de la défunte semblait apaisé par ce destin qu’elle semblait avoir choisi. Cet évènement avait défrayé la chronique et avait alimenté les conversations, durant de nombreuses années. Ce célèbre visage devint alors le modèle des masques. Le mannequin LAERDAL était né!

Par ailleurs, lors d’une conférence donnée en 1958, dont le thème était la réanimation, Peter Safar (un Américain) et Bjorn Lind (Norvègien) ont constaté que beaucoup restait à faire dans le domaine, que ce soit au niveau des techniques que du matériel. C’est ce dernier qui a eu l’idée d’entrer en contact avec Laerdal (un de ses compatriotes) pour les aider à concrétiser leurs idées. Les trois hommes vont travailler de concert pour mettre en place un mannequin si réaliste qu’il révolutionnera la formation au secourisme. De cette collaboration débouchera le mannequin Anne et, plus précisément, le Resusci Anne. Celui-ci est une imitation concrète d’une personne en état d’inconscience qui nécessite, dans l’urgence, une réanimation. Désormais, les séances de formation deviendront plus riches car ce prototype réagit, tel un humain, aux gestes qui sont exercés à l’exemple des massages cardiaques.

Le mannequin anne et ses différents modèles

a- Le Resusci Anne en général

Parallèlement et conformément aux avancées technologiques et médicales, les modèles de mannequin anne ont évolué. Mais, ils sont toujours restés fidèles à leur vocation qui est d’améliorer les formations du secourisme, et de renforcer le savoir-faire des apprentis. Ils peuvent pratiquer leurs exercices de secourisme sur des modèles dont les repères anatomiques, nécessaires, se rapprochent prodigieusement de la réalité. Il faut noter que le Resusci Anne est plutôt orienté vers la réanimation cardio-pulmonaire ou RCP.

Le mannequin RCP est disposé à recevoir toutes les techniques vitales destinées à sauver la victime d’un arrêt cardio-respiratoire, d’une grave hémorragie ou encore de traumatismes.

En prime, les concepteurs n’ont certainement pas oublié les mesures d’hygiène, primordiales et qui font la distinction des professionnels : les voies respiratoires utilisées lors du bouche-à-bouche sont à usage unique et disposent d’une valve unidirectionnelle.

b- Le Resusci Anne SkillGuide

A l’instar du Resusci Anne de base, celui-ci dispose des mêmes prédispositions (accent sur l’hygiène, voies respiratoires, repères anatomiques, etc.) Néanmoins, il est doté d’option avantageuse : le Skillguide. En effet, les formateurs et les élèves s’accordent à dire qu’une évaluation des performances de ces apprentis secouristes est importante pour corriger et perfectionner les techniques. Conscient de ce besoin, Laerdal a mis en place le Resusci Anne Skillguide qui a la particularité de donner les renseignements utiles concernant l’intervention de l’apprenti sauveteur en action. Le Skillguide révèle le niveau d’efficacité des opérations, compte tenu du cas de la « victime ». De surcroît, il le fait de façon totalement objective et instantanée, rendant les résultats indubitables et fiables.

Grâce à ce mannequin anne, les élèves sortent logiquement plus confiants de leurs formations et savent que si le cas se présente, ils sont prêts à se retrousser les manches pour porter assistance aux victimes et les maintenir en vie dans la mesure du possible.

c- Le Resusci Anne Skillreporter

Ce mannequin anne est surtout destiné aux secouristes professionnels qui ont le désir de parfaire, de conserver ou de rehausser le niveau qu’ils ont déjà acquis. C’est le boîtier, appelé Skillreporter, qui va mémoriser les exercices effectués et qui va imprimer les résultats obtenus par les stagiaires, en tenant compte des préceptes et protocole d’usage lors des réanimations cardio-pulmonaires.

Comme tous les Resusci Anne, il est capable de basculer sa tête et, les compressions thoraciques ainsi que les insufflations sont très proches du réel. Au fur et à mesure de l’intervention simulée, des signaux lumineux ou encore des graphiques vont indiquer si les gestes sont effectuées comme il se doit et à quel point ils sont bons. Toute l’intervention peut être enregistrée pour revoir et corriger les erreurs. En outre, pour ceux qui le souhaitent, l’imprimante dont l’appareil est pourvu peut donner les statistiques.

En bref, le mannequin « Resusci Anne » a insufflé un vent substantiel dans le domaine de la médecine pré-hospitalière d’urgence, en permettant aux secouristes d’acquérir de sérieuses compétences dont la nécessité n’est plus à argumenter, tant octroyer des soins lors de ces premières minutes est capital pour la survie de la victime.

 

 



Source link